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Ile Maurice : Retour aux essentiels – Le succulent manioc

Samedi :  Un devoir impérieux me conduit à me rendre dans la nouvelle aile du centre commercial à Moka, île Maurice.  A l’heure du thé, un petit creux se fait sentir. J’ai le choix entre de très belles possibilités, mais celle qui me plaît le plus c’est le retour aux sources : les galettes de manioc dont les Mauriciens raffolent. Ce petit coin, style bazar fort sympathique regroupe en effet des échoppes bien locales où les produits recherchés faits avec patience et délicatesse attirent.

Le parfum délicieux provenant de l’échoppe de ‘manioc’ me ramène des années en arrière où, dans les arrière-cours, un espace était toujours réservé à la culture de cette plante qui demande très peu d’entretien.  De son vrai nom Mahinot esculenta Crantz, l’espèce est originaire du Brésil. C’est Mahe de Labourdonnais, Gouverneur de l’Isle de France qui en 1741 en rapporte de ce pays ou plus de 600 variétés cultivées appartiennent à la même espèce, le manioc ne poussant pas à l’état sauvage.

Grande aurait été ma déception si je ne pouvais en manger des siècles après. En effet, des esclaves avaient volé des racines de manioc et les avaient mangées sans les avoir fait cuire convenablement sous la cendre, ce qui les avait conduits à un empoisonnement mortel. N’écoutant que son courage et sa détermination, Labourdonnais, avait ordonné qu’on en fit de la farine sans gluten appelée cassave, à la place, puis du pain. Cette réussite avait contribué par la suite à la propagation massive de cette plante dont les racines nourriraient les esclaves et également les bêtes.

Une autre façon de conserver le manioc est de le couper en rondelles et de le faire dessécher au soleil. Pudding, frites, bouilli avec du beurre, gratin, ‘kat kat’ : ‘ you name it’ comme dirait l’Anglais.     Puis, comment ne pas penser à Hilarion Rault dont le père arriva à l’île Maurice en 1807, qui développa une recette unique au monde de fabrication de biscuits de manioc qui lui valurent une médaille d’argent à l’Exposition franco-anglaise en 1908 à Londres ? Ces biscuits ont perduré dans le temps pour devenir un produit local fabriqué de façon artisanale, dont le secret est bien gardé et transmis de génération en génération.

Le manioc me direz-vous est bourratif ! Il pourrait l’être…mais le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ? Alors quoi de mieux que de s’en procurer pour faire cuire ce produit à la maison dans du lait de coco, parfumé à la vanille et au sucre jusqu’à ce qu’il soit légèrement caramélisé ? L’eau me vient à la bouche… Je me promets de m’arrêter en route dès que j’en trouve pour les acheter. Pour le moment, retour à la réalité : la dégustation de mes galettes au manioc fourrées à la noix de coco déshydratée : Un vrai délice pour les papilles… Le thé ! N’en parlons pas : le choix est si varié à l’île Maurice. Ma préférence est bien celui parfumé à la vanille.

Je me promets que la prochaine fois que j’irai du côté du sud-est, je ne manquerai pas de visiter la biscuiterie, chaudement recommandée quand l’on est en excursion à l’île Maurice.

Manioc, un jour – Manioc toujours : c’est juste succulent et un véritable retour à l’essentiel …

 Lza M Natur

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