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Ile Maurice: Patrimoine culturel ancestral – les rythmes et les sons!

Une île aux multiples couleurs culturelles héritées de notre passé colonial, qui garde une histoire orale riche de traditions, de légendes, de musiques, de comptines …. et surtout de sons et de rythmes qui ont toujours fait partie de notre quotidien; transmis par nos ancêtres à travers les générations, pour finir par constituer quelquechose d’unique. Dès son plus jeune âge, le mauricien baigne dans un univers de sons: l’ appel à la prière du muezzin, le tintement des cloches des églises, les pétarades du jour de l’ an…

Il va sans dire que le Séga, reste incontestablement le plus connu de notre patrimoine musical. Une musique et une danse originaires des esclaves africains qui pour oublier leur quotidien laborieux aux plantations, se retrouvaient autour d’ un feu de bois le soir venu pour danser et chanter. Des instruments uniques virent ainsi le jour afin de créer tous ces rythmes: Ravanne, maravanne, triangle confectionnés avec des objets du quotidien, peau de chèvre, du metal, des graines de calebasses … Ici, la danse est lascive, le déhanché plus prononcé qu’ à l’ Ile soeur, Rodrigues, où une autre version vit le jour, le Séga tambour des esclaves, plus énergique et vibrant s’ accompagne principalement de tambour, de ravanne, alors que le Sega Mazok Rodriguais, rappelle plus un héritage européen, accompagné d’ un accordéon cette fois, il rappelle le Mazurka. Beaucoup plus tard, le rastafarisme, introduit à Maurice a apporté au séga une nouvelle identité et ce fut la découverte du seggae, un mélange de séga et de reggae, musique executée par un orchestre traditionnel.

Alors que dans la communauté indienne, les danses en Bhojpuri mauricien, une langue indo-mauricienne transmise inter-générationnellement, se pratiquent en costume traditionnel indien, accompagnées de tabla, de sitar, instruments venus d’ Inde et de percussions. Quant aux danses traditionnelles, les danseuses vêtues de saris multicolores exécutent des chorégraphies précises, dont la moindre attitude est très expressive et conte une histoire. Elles dansent au son exclusif du sitar et du tabla, alors que les clochettes des “ghungroos” (chaînes de cheville indiennes) qui tintent à chaque movement ajoutent à la finesse et à la magie de la culture orientale.

Le Geet Gawai, unique à l’ Ile Maurice, est une cérémonie pré-nuptiale héritée du passé, pour animer les veilles de mariages hindoues. Dans le passé, lors des célébrations de mariages, les invités avaient pour habitude de séjourner chez les parents de la mariée pendant plusieurs jours jusqu’ à la cérémonie finale. A cette occasion, l’ on faisait appel à de jeunes danseuses. Quelquefois, les hommes se déguisaient en femmes pour se joindre à la danse. De nos jours, les membres de la famille et les amis perpétuent la tradition en dansant pour les convives et les mariés. Un rituel de sons et de rythmes se poursuivant tard dans la nuit.

Quant à la communauté chinoise, les danses traditionnelles hautes en couleurs, dont les danses ancestrales du lion et du dragon, sont les plus connues. Ces créatures mythiques, personnifiées et l’agilité des danseurs, rythmée par le son tonitruant des tambours, des cymbales et de pétarades, offre un spectacle à ne pas manquer. Lors des processions du Thaipoosam Cavadee de la communauté tamoule, les dévôts sont accompagnés au son des percussions alors que les danseuses font tinter deux morceaux de bois en se livrant à des chorégraphies en pleine rue.

“Seul le rythme provoque le court-circuit poétique et transmue le cuivre en or, la parole en verbe.” disait Léopold Sédar Senghor, qui fut un grand ami de l’ Ile Maurice.

NadElle

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