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Ile Maurice: Souvenirs du passé – Marsan balye – Le marchand de balais

Le 18ième siècle vit arriver à l’ Ile Maurice des esclaves et des travailleurs engagés qui venant d’ horizons différents, ont apporté dans leur bagages leurs propres talents et compétences et surtout leurs propres us et coutumes. Parmi eux, nous avons eu la chance d’ avoir des artisans qui nous ont fait profiter de leur savoir-faire. Entre autres, il y eut ceux qui confectionnaient les balais de toutes sortes faits à partir de plantes poussant à l’ Ile Maurice. Ces “marsan balye” (marchand de balais) déambulaient en pleine rue ou passaient de porte en porte à bicyclette avec leur balais faits main en scandant: “Balye, Balye!” (Balais! Balais!).

Il y avait plusieurs types de balais fabriqués de matériaux naturels, cousus à la main, écologiques à souhait et qui servaient au nettoyage de la maison et de la cour. Le balye fatak (Balai fataque) et le balye Koko (Balai coco) sont les plus communs. Le balai domestique en fataque, fait de plants de fataques ligaturées en botte, plus fin était utilisé pour nettoyer la maisonnée. Ce balai à l’état neuf laissait dans son sillage de petites graines dont il fallait se débarasser d’ un coup de balai justement! Quant au balai coco, confectionné de nervures de feuilles de côcotiers attachées en bottes, plus solide et plus rude servait lui en extérieur. Les artisans devaient se procurer les branches et les plantes de nos forêts ou terrains vagues et les ramener chez eux. La confection des balais se faisaient à même le sol dans leur propre jardin. Il fallait laisser sécher les feuilles en plein soleil avant de les coudre ou les attacher pour en faire des balais.

Dans le temps, chaque famille mauricienne possédait ces balais. Le balai en fataque était habituellement rangé derrière une porte dans chaque maison et la journée commençait souvent par un coup de balai. Qui garde en mémoire, un voisin lève-tôt qui occupé à nettoyer son jardin, nous sortait de notre sommeil au lever du jour au son du balai coco? Ou encore le souvenir moins joyeux cette fois, du coup de balai qu’ il nous arrivait souvent de recevoir lorsque nous n’ étions pas sages! Et puis, il y a également cette drôle de croyance selon laquelle vous ne devez jamais vous laisser balayer les pieds si vous êtes célibataire car vous risqueriez de ne jamais trouver chaussure à votre pied!

Malheureusement, avec le temps, la globalisation, la déforestation et le modernisme, ces balais 100% naturels et écologiques ont presque disparus pour laisser place à des balais en plastique. Nous sommes quand même heureux de constater qu’il nous reste encore quelques artisans à    l’ Ile Maurice qui, bon gré, mal gré, s’ attèlent à fabriquer ces fameux balais qui ont marqué notre enfance en empêchant que cet art ne sombre dans l’ oubli.

NadElle

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