Ile Maurice : Les douceurs du passé à la Biscuiterie H. Rault – Le joyau caché de Mahébourg
En entrant sur la propriété, je pouvais sentir l’air frais du domaine s’étendant sereinement sous le regard bienveillant d’un badamier centenaire. A mesure que je m’approchais de l’usine, je pouvais sentir un bon parfum de biscuits en cours de cuisson. Tout au fond de la cour, en plein milieu se tenait le bâtiment, rustique et fier, un témoignage silencieux de plus d’un siècle de tradition mauricienne.
Après un accueil des plus chaleureux, j’ai été invitée à une visite guidée qui m’a ouvert une fascinante fenêtre sur cet art vieux de 155 ans : la fabrication de biscuits au manioc , un héritage familial transmis de génération en génération. La biscuiterie puise ses origines entre 1868 et 1870, lorsque Hilarion Rault, descendant d’un colon breton, élabora à Mahébourg la première recette de galettes de manioc afin d’approvisionner l’île durant la Première Guerre mondiale, en raison du rationnement de farine et de beurre. Il lança ensuite, dans les années 1870, la production commerciale des biscuits de manioc.
Le processus de fabrication en lui-même était fascinant, sachant qu’il est resté pratiquement inchangé depuis plus de 150 ans, un témoignage d’une tradition artisanale intacte. Il est important de souligner que ce procédé est 100 % durable : les méthodes artisanales comprennent des fours de séchage alimentés par de la bagasse ou des feuilles de bananier séchées, une ancienne balance datant du XIXᵉ siècle, une râpe et une presse manuelles pour le manioc, une cuisson artisanale sur plaques chauffantes, ainsi qu’une eau puisée dans une rivière voisine par une pompe hydraulique centenaire, approvisionnant un vieux puits.
La vue des dames, faisant cuire la poudre de manioc sur des fours chauffés, avec autant d’aisance est un réel spectacle. Une femme, en particulier, a attiré mon attention alors qu’elle emballait les biscuits à la main avec la précision et la vitesse d’une machine — un magnifique ballet de tradition et de savoir-faire.
Qu’est-ce qui rend ces biscuits si spéciaux ? Eh bien, ils sont 100 % locales, authentiques, sans gluten, sans conservateurs ni colorants artificiels et sont confectionnés à partir de manioc cultivé localement. En d’autres termes, un produit 100 % Made in Moris. Les galettes ont également été réintroduites à un certain moment et l’on peut trouver aujourd’hui les deux produits déclinés en différents parfums parmi les plus exotiques : noix de coco, vanille, sésame, anis, pour n’en citer que quelques-uns.
Au terme de la visite, une délicieuse séance de dégustation m’attendait. Accompagnée d’une tasse de thé mauricien, j’ai pu goûter à différentes saveurs de galettes et de biscuits, notamment noix de coco, vanille, beurre et lait. Chaque bouchée était une célébration du patrimoine mauricien, simple, mais profondément enracinée dans la culture de l’Ile Maurice.
Avec nostalgie, je me suis mise à penser à cette famille qui, de génération en génération, malgré les aléas de la vie, a su préserver une tradition nous permettant aujourd’hui de faire un pas en arrière dans le temps et de savourer le biscuit de manioc emblématique de l’enfance de tant de Mauriciens !
En repartant, boîtes de biscuits en main, je ne pouvais m’empêcher de ressentir un profond sentiment d’admiration et d’espoir. Que ce biscuit traditionnel, si ancré dans notre identité mauricienne, continue de vivre encore 155 ans — et bien au-delà.
Si vous recherchez une expérience authentique et immersive sur l’île Maurice, ne manquez pas la visite de la Biscuiterie H. Rault.
Zafi
Zafi
























