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Ile Maurice – Cérémonie de mariage musulman – (Part 1/2)

Vêtue d’une superbe robe de mariée blanche, avec mon père à mes côtés, je suis entrée dans la salle de réception. Mes proches parents et amis étaient déjà là pour m’accueillir. La cérémonie nuptiale (Nikka) allait être célébrée, suivie de près par la réception (Walima) où le dîner serait servi. Dans la communauté musulmane, la cérémonie Nikka est considérée comme la plus importante des événements du mariage musulman, bien qu’à Maurice, en tant que musulman originaire d’Inde, il existe certaines traditions qui ont été adaptées localement.

En effet, la veille, avait eu lieu la cérémonie du Mehndi (Henné), où les proches de mon futur mari étaient venus m’offrir robe de mariée, chaussures, bijoux, parfum ainsi que des sucreries. Tous ces cadeaux avaient été joliment emballés sur de grands plateaux. Selon la tradition, c’est aussi ce jour-là que le henné fut appliqué sur mes mains et mes pieds. L’application de ces dessins élaborés avaient pris tellement de temps que j’étais restée assise pendant plus de 5 longues heures. Autour de moi, les festivités allaient bon train ainsi que les préparatifs pour accueillir les proches de mon futur époux. À cette occasion, certaines familles musulmanes invitent souvent une personne à chanter des chants Qawwali (une sorte de chant dévotionnel islamique soufi, originaire du sous-continent indien) afin d’égayer les festivités. Selon la coutume, mon futur mari n’était pas présent, mais il n’avait pas oublier d’envoyer la dot (appelée mohaar). En effet, dans la communauté musulmane, c’est le marié qui donne la dot à la mariée, un montant préalablement convenu par le couple et, traditionnellement offert en forme de bijoux. Des currys d’abats avaient été servis aux proches parents qui étaient là pour aider aux préparatifs. La cérémonie Mehndi eut lieu après l’heure du dîner où du thé, du café et des hors d’oeuvres locaux (samoussas, gato pima, etc.) furent servis. Les parents de mon futur époux étaient restés un moment, participant au repas avant de partir.

Le jour de la cérémonie Nikka (généralement organisée par la famille de la mariée), les dames étaient toutes les bienvenues dans la salle de réception tandis que la gent masculine se rendit à la mosquée où se déroula la cérémonie religieuse. En effet, j’y fus représentée par deux témoins qui m’avaient personnellement demandée au préalable, si j’acceptais d’épouser l’élu de mon coeur. A la mosquée ils eurent à répondre de ma part à l’imam (prêtre musulman) qui célébrait la Nikka. Mon père eut à jouer un rôle important car c’est à lui que l’on demanda s’il acceptait de donner la main de sa fille à son futur mari. Après avoir obtenu le consentement de tous, la Nikka fut scellée et transcrite dans un registre à la mosquée. Un verre d’eau sucrée avait été donnée à mon nouveau mari qui n’en but que la moitié alors que le reste me fut offert. Ce partage d’eau sucrée est somme toute, plus symbolique qu’autre chose.

La délégation masculine (appelée Baraat) avait quitté la mosquée pour le lieu du mariage où le reste de la famille et moi-même attendions. Ma mère fut la première à me féliciter en disant « Shadi Mubarak » (mariage béni). Enfin arrivé à la salle de réception, mon époux fut accueilli grâcieusement et vint enfin à ma rencontre. Nous étions tous les deux assis sur une estrade surélevée face aux invités. Juste après, il y eut l’échange d’alliances et, nous avons coupé le gâteau de mariage, tandis que des petits gâteaux locaux furent distribués à l’assemblée. Tour à tour, famille et amis sont venus prendre des photos de groupe et nous féliciter. Le dîner fut servi vers 18 heures et ce n’est qu’à ce moment-là qu’il y eut grande affluence. Au menu, le fameux biryani, accompagné d’une salade de concombres et de carottes, ainsi qu’une variété d’achards. Le biryani avait été préparé par un cuisinier professionnel, soit un “bandari”, dans de grandes marmites appelées « dègues ». A la fin de la soirée, il fut temps pour mon mari et moi de prendre congé.

Quel moment d’émotion! Pendant que j’étreignais mes proches en leur disant au revoir, quelques larmes aux yeux, mon mari est resté à mes côtés. Ce fut particulièrement difficile pour mes parents de laisser partir leur fille bien-aimée. En tant que jeune couple fraîchement marié, nous sommes tous les deux partis vers une nouvelle aventure.

Zafi

Ile Maurice - Cérémonie Roka
Ile Maurice – Cérémonie de mariage traditionnel musulman – (2/2)

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